Paroles d'habitants

Entreprises, collectivités locales... mais aussi simples citoyens, nous sommes tous concernés par la pollution atmosphérique, et pouvons tous agir à notre niveau pour réduire les émissions de polluants... De plus en plus de collectivités territoriales en ont conscience, et mettent en place des plans d'actions en faveur de la qualité de l'air (réduction de l'usage des pesticides, plans de déplacements...).

Mais qu'en pensent les habitants ? Se sentent-ils concernés ? Et même s'ils sont convaincus, est-ce facile pour eux de changer leurs habitudes et pratiques de vie ?
Pour creuser cette question, avec le soutien de l'Agence Régionale de Santé, l'APPA a souhaité donner la parole à 49 habitants d'Hellemmes et Lille, d'âges et de profils variés...


49 habitants répartis en 5 ateliers

Cinq ateliers ont été organisés, grâce à la précieuse contribution de nos partenaires locaux, entre novembre 2015 et juin 2016. Nous y avons donné la parole à :

  • 9 représentants de locataires de la CLCV de la métropole lilloise
  • 8 salariés en insertion des "Jardins dans la Ville" d'Hellemmes
  • 13 élèves de 2nde du lycée Fénelon de Lille
  • 7 "seniors" et 12 "parents" fréquentant l'Espace Solidarité d'Hellemmes


Les avis et propositions de notre panel d'habitants

Quelles sont les sources principales de pollution ?

Plusieurs sources sont citées par les habitants: industries, déchets... mais dans chacun des groupes, ce sont les moyens de transport qui sont considérés comme la source principale, ce qui est logique au vue du trafic routier très dense à Lille comme dans la commune associée d’Hellemmes.

« Moi, je le vois bien, dans ma rue avant il y avait 2, 3 voitures. Maintenant, ça pullule, il n'y a plus de places ».
« Il y a 20 ans, il n’y avait pas de bouchons comme ça. Maintenant, tout le monde prend sa voiture pour aller chercher son pain à 500 mètres ».


Quelles sont les effets de la pollution atmosphérique ?

Ce sont essentiellement les effets de la pollution sur leur santé et celle de leurs proches qui interpellent et questionnent l’ensemble de nos habitants :

« Maladies respiratoires »; « Asthme »; « Allergies »; « Problèmes pulmonaires »; « Vieillissement précoce »;…

Les effets sur l’environnement ont également été mis en avant pas certains groupes notamment les "jeunes", les "seniors" et les adhérents de la CLCV.


Les habitants se sentent-ils bien informés sur la qualité de l’air ?

Pour cette question, les avis sont assez différents entre le groupe d'adhérents de la CLCV (association très active dans l'information des habitants sur le cadre de vie et l'environnement) et les autres groupes.
Les adhérents de la CLCV estiment qu'il y a depuis quelques temps une prise de conscience liée à une plus grande diffusion de l’information :

« On est de plus en plus conscient, parce qu’on en parle beaucoup. Il y a tout de même beaucoup d’infos là-dessus et ça sensibilise »
« Même les enfants dans les écoles (..) sont sensibilisés. Ça c’est bien quelque part, c’est la nouvelle génération »

... Mais certains d’entre eux regrettent que ces informations fassent parfois plus référence aux conséquences de la pollution sur la santé, plutôt qu'aux actions concrètes à mettre en place pour s’en préserver (« les bons gestes »).

Les participants des autres groupes ne se sentent quant à eux pas informés ou pas concernés par les messages diffusés, souvent jugés trop peu concrets pour permettre d'agir.


Les habitants pensent-ils contribuer à la pollution de l'air ?

Tous les participants à ces ateliers reconnaissent contribuer à cette pollution, que ce soit à travers l’utilisation de la voiture, le chauffage, le tabac, les produits ménagers, les déchets... Un certain fatalisme et une absence de pouvoir d’action se font souvent sentir au début de l'atelier :

« On se sent concerné mais démuni »; « Ben on ne peut rien faire ».
« Moi je ne vois pas d’intérêt si nous on le fait et les autres ne le font pas ».

Cela n’a pas empêché les participants des différents groupes de réfléchir ensemble à cette notion de responsabilité personnelle...

« Moi, je ne suis pas tout à fait d’accord. C’est sûr que chacun on a notre part à avoir des choix que l’on va faire. Ou je prends les transports en commun, ou je prends ma voiture…j’achète ce qui vient de Tataouine en avion, ou j’achète des produits locaux. On a quand même chacun sa part que l’on peut apporter. C’est une petite part, mais si c’est multiplié par des millions, ça peut jouer ».

... et de rechercher collectivement des idées et moyens d'agir, de façon individuelle ou en groupe ...


Quels sont, pour nos habitants, les moyens les plus efficaces pour réduire la pollution de l’air ?

Encore une fois, les actions ciblant les moyens de transport restent selon nos habitants une priorité si l’on veut agir efficacement sur l’environnement à Hellemmes et Lille :

  • Utilisation restreinte de la voiture; Covoiturage ; Utiliser de voitures hybrides ou électriques
  • Marcher et Utiliser davantage le vélo; Prendre les transports en commun...

    ... Mais ils sont plusieurs à souligner que pour changer leurs propres pratiques, il faudrait que la collectivité agisse de son côté : aménagement de pistes cyclables, réduction du prix des transports en commun, ou transports en commun gratuits les jours où il y a un pic de pollution.

D’autres moyens d'agir ont également été discutés entre les participants :

  • consommer moins, consommer mieux, limiter les emballages
  • agir sur les chauffages, aérer le logement, utiliser des produits plus naturels (vinaigre, bicarbonate,…)

Au cours des discussions, les participants soulignent souvent à nouveau un besoin d'information, mais surtout de conseils "pratico-pratiques"... Et si certains de ces "bons gestes" leur font faire des économies, comme le vinaigre blanc pour remplacer d'autres produits ménagers, c'est encore mieux !!!

« C’est des choses que j’ai appris grâce à ma mère. Elle m’a montré que c’était efficace, et automatiquement je le fais maintenant. On voit l’économie après ».
« Ben déjà, parce que c’est moins cher et que ça a du résultat, voire même mieux que les produits qu’on nous vend »


Qu'est-ce qui les freine ou les empêche d'agir ?

Pour beaucoup de nos participants, c'est l'argument économique qui prime (le prix de certains produits, comme les voitures électriques, les rend difficilement accessibles pour eux). « Tout le monde regarde son porte monnaie ».

Certains soulignent des contraintes liées au travail et à son organisation (horaires qui rendent difficiles l'usage des transports en commun, lieux parfois mal desservis...)

Ils reconnaissent des progrès dans les aménagements, comme les pistes cyclables, mais les jugent encore trop peu suffisants, prenant l'exemple d'autres pays comme la Hollande.

L’absence de bénéfices visibles rapidement est également cité comme un frein à la motivation : « On ne se rend pas compte de ces bénéfices à l’oeil nu, et ça c’est important pour les gens ».

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Qu'est-ce qui peut les aider à agir ?

De nombreuses idées ont été discutées dans les différents groupes... Sans en faire la liste exhaustive, voici quelques suggestions :

Plus de connaissances, plus de sensibilisation ...

« On revient à cette question d’éducation, d’être exposé, d’être sensibilisé. Dès l’instant où on a quelqu'un dans son entourage, famille, ami ou dans le milieu professionnel on est sensibilisé à tout ça, on fait nous après un choix éclairé de dire : je continue comme avant, ou peut être que je vais amener ça dans mon quotidien pour vivre mieux … ».
« Apporter des conseils pratiques de ce qui peut ou non être fait, de ce qui peut être évité et comment... »

... dès le plus jeune âge

« Plus de sensibilisation dans les écoles »
« Ils ont fait ça à l’école avec le tri, et après les enfants sont plus vigilants. Et les parents, quand ils mettent un truc dans la mauvaise poubelle : "non ce n’est pas ça maman !"… ».

Des actions d'information à l'échelle locale (quartier, groupes d'habitants), intégrées dans ce qui se fait déjà (ex : ateliers en centres sociaux...)

« On prend un atelier santé et on inclut l’environnement en même temps »
« Je trouve que c’est bien les actions dans les lycées, parce qu’on est un peu forcé de regarder, alors que si ça passe à la télé, tu zappes ».

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Remerciements

Nous tenons à remercier vivement tous les participants à ces ateliers de discussion, pour leur précieuse contribution !
Un grand merci également aux personnes et structures qui nous ont permis d'organiser ces ateliers :

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